La cravate

Aujourd’hui élément de mode international, la cravate n’a pas toujours été ce que l’on connaît, finement attachée autour du cou par un nœud délicat, pour agrémenter un costume sombre. Si l’on se fonde sur cette caractéristique (qu’elle va autour du cou), on peut remonter aux soldats de l’empereur Qin Shihuangdi (247 av. J.-C.). Ces statues de terre cuite, grandeur nature, qui protégeaient la tombe de leur maître, portaient toutes un foulard noué devant la gorge. De même, les légionnaires de la Rome antique portaient une sorte de foulard, appelé focale, qui leur servait à se protéger du froid et des frottements de l’armure dans le cou. Mais peut-on déjà parler de cravate ? Impossible de le certifier, car aucun texte ne nous en parle, du moins jusqu’au XIVème siècle, en Europe.
Que ce soit un phénomène de mode, ou l’élément d’une tenue militaire antique, ce que nous appelons de nos jours cravate a une très longue existence avant la nôtre. Au XVIIème siècle, la première définition sort dans le Dictionnaire de l’Académie française. On y parle d’une « sorte de mouchoir », qui « tient lieu de collet ». C’est encore vague, mais la cravate prend alors un tour définitivement chic et à la mode. Les tissus utilisés diffèrent, taffetas, dentelle ou simple toile, et les formes vont du ruban noué autour du cou, à la pièce impressionnante de dentelle étouffante. Au XVIIIème siècle, les femmes se l’approprient et les couleurs se multiplient. Chez les hommes, elle se sophistique : la cravate dite « à la Garat » est constituée de deux parties, la première enroulée autour du cou sans dépasser sur le torse, et la deuxième, une pièce de dentelle, orne l’ouverture de la chemise. Elle peut parfois prendre des proportions ahurissantes ! Bien sûr, il faut noter que la cravate reste un élément de mode, que seuls les courtisans et les bourgeois portaient.
Au XIXème, puis au XXème siècle, la cravate revient dans le sens de la discrétion et de la distinction, à l’instar de la tenue masculine. On l’appelle la cravate « à la Régate », ancêtre de notre cravate actuelle. Elle s’affine peu à peu, la dentelle disparaît, pour donner un résultat que l’on connaît aujourd’hui : l’exemple type de la sobriété et de la classe.

La cravate est aujourd’hui présente dans chaque gardes-robes masculine, et bien que moins souvent dans les garde-robes féminine, les femmes apprécient son côté « businessman ». Le principal inconvénient de la cravate est qu’elle en premier plan, lors des repas, d’affaires ou de famille, où l’on boit souvent du vin… Les tâches sont inévitables. Pas question ici de cautionner une pub pour tel ou tel détachant, bien au contraire ! Mesdames, mais aussi messieurs qui nettoient leur cravate, surtout ne frottez pas, et encore moins s’il s’agit d’une cravate de soie que vous avez payé… eh bien, aussi cher que vaut cette douce et sensible matière qu’est la soie. En frottant, vous déplacez la fibre, qui se « sape », et vous pouvez dire adieu au brillant de votre cravate. La première précaution à prendre est de relever votre cravate au dessus de votre épaule au moment des repas. Et s’il lui arrive malheur malgré cela, n’hésitez pas à la porter chez le teinturier, qui saura en prendre soin, bien mieux que vous…
Le second inconvénient que présente la cravate, sans qu’il soit question de tâche, est qu’elle est, par définition, fragile. Pour ne pas y faire de plis, rangez-la soigneusement, dénouée, sur un cintre, ou roulée dans une boite, ou encore bien à plat au fond de votre armoire. Ne serrez pas trop le noeud, cela risquerait de faire de nouveaux plis. Achetez un étui à cravate pour vos voyages d’affaires. Bref, bichonnez-la comme un nouveau-né.

La cravate, pour faire partie intégrante de votre tenue du jour, doit s’y accorder parfaitement. Le plus simple, l’indémodable : la cravate noire avec la chemise blanche. C’est classique, pensez-y pour un événement tel un mariage, un enterrement ou un baptême. Ensuite, la règle incontournable si vous ne voulez pas tourner au ridicule : cravate à motifs, chemise unie ! Le contraire est bien sûr possible : vous pouvez porter une cravate unie avec une chemise unie, c’est le plus simple. Mais si votre cravate présente des rayures, des carreaux, des petits pois ou des motifs historiés (qui peuvent être très élégants, par ailleurs), n’essayez pas de coordonner les dessins de votre cravate à ceux d’une chemise, ce sera forcément un échec cuisant. Vous pouvez assortir en revanche vos boutons de manchette à votre cravate, dont les motifs repris sur une chemise unie feront des envieux. Portez votre cravate simplement, avec un nœud que vous connaissez et maîtrisez. Suivez les règles de la mode, et vous passerez inaperçu, dans le pire des cas.

Cravates ou noeuds ce cravate, accessoires élégants !

I. Histoire de la cravate

Tous les objets ont-ils une histoire ? Certainement ! En tout cas, la cravate n’échappe pas à la règle. Si, depuis 1926, nous devons sa ligne longiforme actuelle à un génial new yorkais nommé Jesse Langsdorf, rappelons que cet accessoire vestimentaire a fait sa première apparition en France sous le règne de Louis XIII.

A cette époque, ce qu’on appelle aujourd’hui cravate, était un foulard noué autour du cou par les soldats croates au service du roi de France. D’ailleurs, le nom de « cravate » serait issu de la déformation du terme « croate ».

La cravate va s’imposer et connaître ses lettres de noblesse à la cour du roi Louis XIV. En effet, tout ce que la cour compte de dandys ou de riches va rivaliser d’imagination pour ajouter des dentelles, ou des rubans de soie afin d’attirer l’attention.

Il faudra attendre le 19ème siècle pour que la cravate prenne la forme que l’on connaît depuis : à savoir plus longue et plus étroite. Et c’est donc Jesse Langsdorf qui va lui donner sa forme résolument moderne portée partout dans le monde.

L’entretien

Une cravate est un accessoire fragile. Même si vous êtes très soigneux, une tâche malencontreuse peut survenir. Si votre cravate est en soie, confiez-en le nettoyage à un teinturier professionnel qui possède tous les produits pour la rénover. Second risque : le tissu se froisse. Comment y remédier ? Placez soigneusement votre cravate sur un porte-cravates. Le tissu va reprendre ainsi sa forme normale. Un principe simple : lorsque vous la quittez, votre cravate doit toujours être dénouée. Si vous la transportez dans une valise, placez la bien à plat dans une boîte rigide.

Les usages

Choisir une cravate dépend des circonstances dans lesquelles vous allez la porter. Elle devra toujours faire preuve d’une certaine sobriété au niveau de la couleur. Il est d’usage de porter une cravate dans la vie de tous les jours, lorsque vous vous rendez au bureau par exemple. Ceci est considéré comme une marque de respect. Et bien entendu, lors d’une soirée habillée ou classique, n’hésitez pas à opter pour une cravate élégamment assortie à votre costume.

Les motifs

Il existe des motifs classiques à rayures, à pois, ronds avec des points. Quel que soit celui qui vous attire, coordonnez-le avec votre costume et avec la couleur de votre chemise. Il est indispensable de ne faire aucune faute de goût. En effet, il existe parfois des motifs très colorés ou mettant en scène des personnages : il est évident que ces modèles sont à utiliser avec beaucoup de prudence.

Comment bien assortir cravate et chemise ?

Veillez scrupuleusement à assortir cravate et chemise. Ne portez pas une cravate à rayures avec une chemise à carreaux ! Veillez à coordonner la couleur de votre cravate avec celle de votre chemise. Si une chemise blanche vous donne plus de latitude dans la couleur de votre cravate, il n’en sera pas de même si vous portez une chemise de couleur. De même, cravate et chemise ont l’obligation de correspondre avec la couleur de votre costume et avec ses éventuels motifs (légères rayures par exemple).

II. Les différents noeuds de cravate

Il existe plusieurs sortes de noeuds de cravate, du plus simple au plus sophistiqué. Le noeud simple va s’adapter à tous les cols de chemise et reste un grand classique par sa forme et par sa facilité pour le nouer. C’est une valeur sûre.

Il existe d’autres noeuds de cravate comme le noeud double, proche du noeud simple : il se porte pratiquement dans toutes les circonstances. Mais les noeuds de cravate revêtent parfois une allure plus sophistiquée pour des tenues plus habillées : c’est le cas du noeud de cravate Windsor, avec son allure très britannique. Notre panorama ne serait pas complet, si nous ne citions pas une des valeurs sûres de l’élégance : le noeud papillon ! Même s’il se décline en plusieurs couleurs, il n’en demeure pas un signe de distinction, notamment s’il est porté avec un smoking.

Comment faire un noeud de cravate (nœud simple) ?

Faire un noeud de cravate simple nécessite quelques étapes qui, même si elles paraissent aisées, doivent être observées avec attention pour obtenir un bon résultat. Vous devez croiser le grand pan de la cravate sur le petit et le faire glisser le grand pan sous le petit. Le col de votre chemise ayant été préalablement fermé et remonté pour faciliter l’opération, vous terminez celle-ci en tirant délicatement le grand pan de votre cravate et en ajustant le noeud que vous avez formé sous le bouton de votre col.